Alors que certains célèbrent le mois d'octobre en s'enquillant des litres de bières, le prof, lui, se demande s'il tiendra jusqu'aux prochaines vacances.
Vous l'avez compris, ma rentrée a été plutôt positive. Mois de septembre heureux, je gambadais dans ma banvince, semant à la ronde le savoir.
Mais voilà, le creux d'octobre est arrivé.
Et lecteur, tu dois savoir une chose. Il y a une grande différence entre les enfants et les adultes, c'est la réaction face à la fatigue.
L'enfant (adolescent) va être fatigué mais il ne le saura pas. Traduction : excitation, énervement, agitation.
L'adulte va être fatigué et il le saura, oooooh oui, il le saura. Traduction : mouduku, mouduku, mouduku.
Conclusion de cette équation* : l'ambiance en cours est quand même vachement moins cool raoul ma poule. Les copies s'entassent, les préparations de cours s'enchainent de plus en plus vite.
J'ai décidé de faire cet article quand j'ai regardé mes collègues et mon reflet dans le miroir avec attention. Le prof est physiquement marqué par le retour de bâton de la rentrée ; l'un a une blessure sous l'oeil, l'autre a des cernes de trois pieds de long, le troisième a oublié de se raser, le quatrième a des bleus aux mollets et moi-même j'ai des égratignures sur les avant-bras dont je ne connais absolument pas la provenance. (mutilation dans mon sommeil pendant que je rêve du prochain tas de copies, peut-être).
Attention lecteurs, malgré la nouvelle tendance automne-hiver 2012 du prof qui se fait frapper par les parents, je ne suis pas en train de dire que ces marques sont le douloureux souvenir d'un passage à tabac. Non, juste une petite fragilité passagère.
Alors, je vais être honnête, lecteurs. Il y a des classes (deux pour être précise) que j'ai un peu prises en grippe parce l'ambiance y est toute pourrie. Oui, Super Teacher aussi a ses faiblesses. Mais, je promets que je vais essayer d'arranger ça parce je l'avais déjà dit et je le répète : je crois que c'est le prof qui fait la pluie et le beau temps dans sa classe. (et en parlant de pluie, après 5 ans dans le Sud, je vous jure je souffre)
Pour finir sur une note positive : ma troisième et moi, c'est toujours l'amour. Et j'ai aussi une classe de cinquième trop mignonne. ( fin de cours : "Madame, Madame, on sait que vous allez être un peu influencée par vos origines, mais c'est qui les meilleurs entre les Turcs et les Algériens, honnêtement ?")
Bon, je vous laisse, il est 20h mais j'ai un cours à finir. Aïe.
* ça vaaa, je sais que ça n'a rien d'une équation. Mais je suis pas prof de math. Euh de physique ? de bio ? merde.
lundi 8 octobre 2012
mercredi 26 septembre 2012
Super Teacher se déguise
Petite billet mode pour aujourd'hui.
Le prof doit s'habiller.
Déjà parce qu'arriver à poil au bahut, c'est nul.
Mais aussi parce que malgré tout, l'habit fait un peu le moine quand même. Et puis, comme j'ai bien appris mes leçons, je suis un fonctionnaire de l'Etat, je représente la République-aux-armes-citoyens-formez-vos-bataillons et je peux pas arriver en sac de patate devant ces pauvres âmes influençables. En plus, avec mon charisme naturel, ils arriveraient tous le lendemain avec des sacs de patate sur le dos.
Je ris, je ris, mais au fond, je suis d'accord. Je ne veux pas m'habiller comme tous les jours.
Alors, je me déguise. Double-personnalité, le retour !
Petit tour d'horizon de mon déguisement.
LE cartable que sans lui je suis perdue. La seule chose qui me différenciait des lycéennes l'an dernier.
Je t'aime, amour.
lundi 24 septembre 2012
Superteacher passe le brevet
Cette année, je passe le brevet. En tout cas, c'est comme ça que je le vis.
Vous voyez, cher lectorat oh combien adoré, pour la première fois, j'ai une classe de troisième et j'en suis ravie. Je les aimais avant même de les avoir rencontré (c'est risqué, me direz-vous).
Autant vous dire que le jour de la rentrée, ça a été séance de coaching avec eux.
À peine si j'étais pas déguisée en pom-pom girl criant "ALLEZ LES 3 C ! ALLEZ LES 3 C ! VOUS AUREZ VOTRE BREVET !" tout en faisant un backflip de derrière les fagots.*
Je leur ai bien fait comprendre qu'il fallait bien sûr qu'ils bossent pour eux, leur avenir, blablabla-parle-à-mon-cul-ma-tête-est-malade, mais surtout que c'était mon honneur de prof qui était en jeu. Ok, les mecs ? Si vous vous foirez, c'est la honte sur MA famille et toute MA descendance.
Bref. Il se trouve qu'en plus de ça, la classe est super kiffante. Genre, ils me posent des questions sur les grands ensembles et les problèmes sociaux en banlieue. Ils ont trouvé mon péché mignon, les fourbes.
Et il y a quelques jours, ils ont eu leur premier contrôle. Mon coaching a visiblement marché parce qu'en allant les chercher dans la cours, ils avaient tous leurs cahiers ouverts ou des fiches à la main pour réviser. En montant les escaliers, ils révisaient encore, l'air angoissé.
Pendant toute l'heure, j'ai vu leurs petites faces prépubères déformées par l'effort intellectuel. L'une des élèves m'a carrément fait un spectacle de grimace tellement qu'elle réfléchissait. Elle avait les sourcils froncés, la bouche pincée, le menton baissé. Du coup, un autre élève m'a regardé bizarrement parce que je souriais en les surveillant. Du coup, j'ai arrêté de sourire. Du coup, lui aussi.
En récupérant les copies, la fameuse élève grimaçante m'a tendu la sienne et m'a dit avec un grand sourire "C'est la première fois que je réussis".
Franchement. Est-ce que ce n'est pas trop - mignon - sérieux ? (oui, lecteur, tu dois lire cette phrase en faisant un stop à chaque mot et en prenant une voix de pouffe).
Donc, j'ai une année pour les amener lentement mais sûrement vers cette épreuve finale. Autant dire que le débat pour moi n'est pas de savoir si le brevet c'est bien ou pas, si ça sert à quelque chose ou pas. À la limite, je m'en fous.
Je veux juste qu'ils y croient et qu'ils essayent de faire de leur mieux. Et finalement, je me demande si c'est pas le plus important dans cette affaire.
Donc c'est parti pour une année "méthode Coué":
Allez les 3 C ! On va tous les niquer ! On l'fera les doigts dans l'nez ! Hitler, Staline ou Pépé**, ces gros bâtards on les connait ! Nik sa mère la guerre de Corée !
*À l'origine, au XVIIIe siècle, l'expression "de derrière les fagots" s'appliquait au vin, celui qu'on remontait de la cave où il avait été soigneusement conservé, caché derrière les fagots de bois stockés pour l'hiver, car il était de meilleure qualité.
** Pétain. C'était pour la rime.
Vous voyez, cher lectorat oh combien adoré, pour la première fois, j'ai une classe de troisième et j'en suis ravie. Je les aimais avant même de les avoir rencontré (c'est risqué, me direz-vous).
Autant vous dire que le jour de la rentrée, ça a été séance de coaching avec eux.
À peine si j'étais pas déguisée en pom-pom girl criant "ALLEZ LES 3 C ! ALLEZ LES 3 C ! VOUS AUREZ VOTRE BREVET !" tout en faisant un backflip de derrière les fagots.*
Je leur ai bien fait comprendre qu'il fallait bien sûr qu'ils bossent pour eux, leur avenir, blablabla-parle-à-mon-cul-ma-tête-est-malade, mais surtout que c'était mon honneur de prof qui était en jeu. Ok, les mecs ? Si vous vous foirez, c'est la honte sur MA famille et toute MA descendance.
Bref. Il se trouve qu'en plus de ça, la classe est super kiffante. Genre, ils me posent des questions sur les grands ensembles et les problèmes sociaux en banlieue. Ils ont trouvé mon péché mignon, les fourbes.
Et il y a quelques jours, ils ont eu leur premier contrôle. Mon coaching a visiblement marché parce qu'en allant les chercher dans la cours, ils avaient tous leurs cahiers ouverts ou des fiches à la main pour réviser. En montant les escaliers, ils révisaient encore, l'air angoissé.
Pendant toute l'heure, j'ai vu leurs petites faces prépubères déformées par l'effort intellectuel. L'une des élèves m'a carrément fait un spectacle de grimace tellement qu'elle réfléchissait. Elle avait les sourcils froncés, la bouche pincée, le menton baissé. Du coup, un autre élève m'a regardé bizarrement parce que je souriais en les surveillant. Du coup, j'ai arrêté de sourire. Du coup, lui aussi.
En récupérant les copies, la fameuse élève grimaçante m'a tendu la sienne et m'a dit avec un grand sourire "C'est la première fois que je réussis".
Franchement. Est-ce que ce n'est pas trop - mignon - sérieux ? (oui, lecteur, tu dois lire cette phrase en faisant un stop à chaque mot et en prenant une voix de pouffe).
Donc, j'ai une année pour les amener lentement mais sûrement vers cette épreuve finale. Autant dire que le débat pour moi n'est pas de savoir si le brevet c'est bien ou pas, si ça sert à quelque chose ou pas. À la limite, je m'en fous.
Je veux juste qu'ils y croient et qu'ils essayent de faire de leur mieux. Et finalement, je me demande si c'est pas le plus important dans cette affaire.
Donc c'est parti pour une année "méthode Coué":
Allez les 3 C ! On va tous les niquer ! On l'fera les doigts dans l'nez ! Hitler, Staline ou Pépé**, ces gros bâtards on les connait ! Nik sa mère la guerre de Corée !
*À l'origine, au XVIIIe siècle, l'expression "de derrière les fagots" s'appliquait au vin, celui qu'on remontait de la cave où il avait été soigneusement conservé, caché derrière les fagots de bois stockés pour l'hiver, car il était de meilleure qualité.
** Pétain. C'était pour la rime.
mercredi 19 septembre 2012
Superteacher pas contente
Cette année, j'ai la chance d'être dans un établissement très différente de celui de l'an dernier. Donc, je peux comparer.
D'une énorme cité scolaire, je passe à un tout petit collège.
D'un collège de centre-ville chic, je passe à un établissement ZEP.
D'un public plutôt favorisé, je passe à un public qui l'est nettement moins.
Je rappelle que le label ZEP a été créé pour pallier à une inégalité de base : on injecte plus de moyens dans les établissements où les élèves ont moins de chances de leur côté pour compenser tout ça : effectifs plus petits, équipements plus facile à acheter...
Mais là, du coup, y a un truc que je comprends pas. Pourquoi cette année, dans ma ZEP, nous n'avons qu'un ordi tournant sous Windows 98 pour les 30 profs ? Pourquoi est-ce si difficile pour les autres enseignants d'obtenir un simple vidéoprojecteur dans leur salle ? Pourquoi faut-il prévoir ses photocops 24h à l'avance pour éviter de trop utiliser la machine de la salle des profs car elle coûte trop cher en encre ?
Pourquoi dans mon bahut de l'an dernier il y avait des tableaux numériques dans toutes les salles fraichement repeintes ? Pourquoi il y avait des panneaux solaires derniers cri surplombant une cour de récré dans un cloître ? Pourquoi dans la salle des profs il y a avait des super salles de travail munies d'ordi fonctionnant hyper vite et deux photocopieuses dernier cri tournant à plein régime ?
J'ai du mal à comprendre pourquoi dans un collège où les élèves ont réellement besoin du soutien constant de l'école, il n'y a visiblement aucun moyen financier, alors même que des dispositifs ont été mis en oeuvre pour ça.
Le truc qui me rassure, c'est que l'équipe a l'air super motivée et dynamique.
Mais quand même, c'est mettre des bâtons dans les roues aux profs, même si ça peut avoir l'air de détails techniques.
J'ai un peu envie de crier "VAZY LA C'EST DÉGUEULASSE"
Et oh, t'as cru t'allais rire tous les jours sur mon blog ou quoi.
D'une énorme cité scolaire, je passe à un tout petit collège.
D'un collège de centre-ville chic, je passe à un établissement ZEP.
D'un public plutôt favorisé, je passe à un public qui l'est nettement moins.
Je rappelle que le label ZEP a été créé pour pallier à une inégalité de base : on injecte plus de moyens dans les établissements où les élèves ont moins de chances de leur côté pour compenser tout ça : effectifs plus petits, équipements plus facile à acheter...
Mais là, du coup, y a un truc que je comprends pas. Pourquoi cette année, dans ma ZEP, nous n'avons qu'un ordi tournant sous Windows 98 pour les 30 profs ? Pourquoi est-ce si difficile pour les autres enseignants d'obtenir un simple vidéoprojecteur dans leur salle ? Pourquoi faut-il prévoir ses photocops 24h à l'avance pour éviter de trop utiliser la machine de la salle des profs car elle coûte trop cher en encre ?
Pourquoi dans mon bahut de l'an dernier il y avait des tableaux numériques dans toutes les salles fraichement repeintes ? Pourquoi il y avait des panneaux solaires derniers cri surplombant une cour de récré dans un cloître ? Pourquoi dans la salle des profs il y a avait des super salles de travail munies d'ordi fonctionnant hyper vite et deux photocopieuses dernier cri tournant à plein régime ?
Pourquoi le brave et noble contribuable doit-il financer ce genre de travaux quand il y en a tellement plus besoin ailleurs ? (oh, l'argument du brave contribuable, ça devrait faire son effet quand même)
J'ai du mal à comprendre pourquoi dans un collège où les élèves ont réellement besoin du soutien constant de l'école, il n'y a visiblement aucun moyen financier, alors même que des dispositifs ont été mis en oeuvre pour ça.
Le truc qui me rassure, c'est que l'équipe a l'air super motivée et dynamique.
Mais quand même, c'est mettre des bâtons dans les roues aux profs, même si ça peut avoir l'air de détails techniques.
J'ai un peu envie de crier "VAZY LA C'EST DÉGUEULASSE"
Et oh, t'as cru t'allais rire tous les jours sur mon blog ou quoi.
jeudi 6 septembre 2012
Superteacher dans la cage aux lions
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH c'est la rentrée des classes !!!!!
Je suis donc partie, le cartable sur le dos, les talons hauts et la chemise bien repassée, sur les routes seine et marnaises pour aller accomplir ma mission divine. Divine, j'ai dit.
Oui, je sais, je devais être sexy. On ne se refait pas.
J'ai accueilli mes chers petits devant ma classe, l'air strict et impénétrable. Un jour, une collègue (géniale) m'a dit : "Ne souris jamais avant le mois de décembre".
Mais ils ont le droit de s'asseoir où ils veulent et ça, c'est comme un petit vent de liberté pour eux. Une minute après, je leur précise que dans 15 jours, ils seront replacés selon leur attitude - BIM. Et oui, mes amis, je souffle le chaud et le froid pour mieux m'imposer. OUAIS MA POULE.
Présentations faites (pas de petites fiches avec Nom, Prénom, couleur des dernières selles et dernier détartrage...), je leur parle assez froidement de LA chose que je supporte très, très mal. Et oui, ce cher bavardage. Non pas que je n'aime pas les gens qui parlent en général, seulement, je pense qu'en classe, le laxisme face à ce fléau (et je pèse mes mots) n'est pas une solution. Appelez-moi vieux jeu, mais il me semble qu'il y a des lieux où il faut être physiquement capable de se taire (et je dis bien physiquement, car cela semble devenu impossible pour certains) et cela tout au long de sa vie. Bref.
Visiblement, j'ai fait mouche, plus personne ne moufte. Pour être sincère, je ne crois pas que ça va durer longtemps. Mais ça ne coûte rien d'essayer.
Pendant le cours, je tente quelques blagues pour détendre l'atmosphère, trois courageux rigolent, puis quatre. Oui, parce que je pense aussi qu'une classe ne doit pas être un temple de la sévéritude (oui, sévéritude). Faut qu'ils viennent avec plaisir (et sans aller jusque là, sans être stressés par le prof).
J'ai déjà repéré les trublions en puissance, encore anesthésiés par l'effet "premier cours". Affaire à suivre.
Ah oui, et ce qui est drôle, c'est quand ils me découvrent. Il faut parfois aller les chercher dans la cours. Quand j'arrive, je vois bien sur leur visage qu'ils se disent "Hein ? Mais elle a 15 ans ! Mais elle est minuscule !"
D'ailleurs, en rentrant chez moi sur mon vélo, une élève que je n'ai pas en cours m'a crié "HEY, TON vélo est à plat !!!". Ouais. Tellement j'ai l'air jeune, ils me tutoient quand ils ne savent pas que je suis prof. Ça craint. Mais c'est drôle.
dimanche 29 juillet 2012
Blog en vacances.
Oh, je vous entends déjà : "Ces blogs, c'est vraiment des fainéants. Ils sont tous le temps en vacances et et en plus, ils sont payés l'été alors qu'ils ne publient même pas. C'est avec les impôts du bon samaritain qu'ils gagnent leur pain, vous vous rendez compte. Moi, je les ficherais à l'usine, pour qu'ils apprennent ce qu'est la vie. Toujours le minimum syndical. Et les syndicats, parlons-en ! Toujours à se plaindre pour travailler moins et gagner plus. Foutus
mardi 19 juin 2012
Superteacher fait de la sociologie
Mes collègues confirmeront : il n'y a pas une classe pareille. Et c'est étrange, mais on a très rapidement la sensation d'avoir affaire à un "groupe classe" et non pas à 30 individus distincts.
Parfois, l'alchimie entre les élèves prend, parfois elle ne prend pas mais on finit toujours par avoir tout un éventail de classes différentes.
Extrait de Superteacher S.T, Essai d'analyse sociologique du groupe classe, de l'anarchie au silence radio, Paris, 2012, Editions du stagiaire.
"la classe solaire : la classe solaire est une classe qui, comme son nom l'indique, est brillante. Les élèves ont un niveau qui vous laisse parfois bouche bée. Il arrive que leurs questions commencent par "Mais pensez-vous que dans le contexte actuel...?". (mais enfin, tu as 12 ans !). La classe solaire est très agréable, puisqu'elle comprend tout ce que vous racontez et plus. Mais elle a un défaut. Comme le soleil, elle peut produire de l'énergie. Renouvelable, évidemment. Et elle devient difficile à canaliser puisqu'ils ont tellement envie et de participer qu'ils vont parfois hurler "MOOOOOOOOOAAAA JE SAIIIIIIIS" pour être sûr de pouvoir répondre avant les autres tout aussi brillants. Bruyant.
la classe des cancres : certainement la plus éprouvante, mais pas la moins attachante. Les cancres ne sont a priori pas là pour travailler et la classe l'a joyeusement accepté. Chahuts, ricanements, gros mots, bavardages sont à prévoir. Seulement, il arrive que la classe des cancres mute si elle vous aime bien. Et là, c'est toujours fatiguant mais c'est aussi méga kiffant parce qu'ils mettent leur énergie de cancre à participer au cours. Le cours devient donc parfois surréaliste entre un élève qui va retomber dans le rôle du cancre, puis va se faire reprendre par son voisin de devant (cancre repenti) qui va lui gueuler de se taire, qui lui même va se faire reprendre par la prof qui va lui reprocher de crier même si c'est pour la bonne cause, mais qui va finir par avoir une réponse brillante à une question compliquée. Kiffant, je vous dis.
la classe ramollie du bulbe : selon moi, la plus chiante. Elle est facile à décrire : c'est le silence radio. Vous posez une question pourtant passionnante (mais si, passionnante, j'ai dis), vous regardez les élèves et rien ne se passe. Entre celui qui se gratte le nez, celui qui se gratte le ventre, celui qui n'a pas compris la question, celui qui essaye de communiquer en morse avec son voisin, celle qui se remet du baume à lèvres, vous vous sentez un peu seul.
Puis, au fond, une lumière ! Un élève lève la main ! Vous l'interrogez ! "Ah, non, pardon Madame, je m'étirais". Ok, c'est pas grave. Une prochaine fois. Classe qui vous donne l'impression de n'être qu'un écran de télé et un écran un peu chiant. Genre LCP.
la classe Gerard Klein : comme son nom l'indique, elle a l'air tout droit sortie d'un feuilleton télé béni-oui-oui. Ils ne bavardent pas, juste un peu pour que vous puissiez les reprendre de temps en temps. Ils posent des questions. Ils répondent aux questions. Le cancre est au fond, près du radiateur ou de la fenêtre. Il met parfois un peu d'ambiance mais tout cela reste bon enfant. Bref, on a l'impression d'être dans l'Instit et il faut avouer que c'est assez reposant. "
L'Essai d'analyse sociologique du groupe classe, de l'anarchie au silence radio est disponible dans toutes les bonnes librairies.
Parfois, l'alchimie entre les élèves prend, parfois elle ne prend pas mais on finit toujours par avoir tout un éventail de classes différentes.
Extrait de Superteacher S.T, Essai d'analyse sociologique du groupe classe, de l'anarchie au silence radio, Paris, 2012, Editions du stagiaire.
"la classe solaire : la classe solaire est une classe qui, comme son nom l'indique, est brillante. Les élèves ont un niveau qui vous laisse parfois bouche bée. Il arrive que leurs questions commencent par "Mais pensez-vous que dans le contexte actuel...?". (mais enfin, tu as 12 ans !). La classe solaire est très agréable, puisqu'elle comprend tout ce que vous racontez et plus. Mais elle a un défaut. Comme le soleil, elle peut produire de l'énergie. Renouvelable, évidemment. Et elle devient difficile à canaliser puisqu'ils ont tellement envie et de participer qu'ils vont parfois hurler "MOOOOOOOOOAAAA JE SAIIIIIIIS" pour être sûr de pouvoir répondre avant les autres tout aussi brillants. Bruyant.
la classe des cancres : certainement la plus éprouvante, mais pas la moins attachante. Les cancres ne sont a priori pas là pour travailler et la classe l'a joyeusement accepté. Chahuts, ricanements, gros mots, bavardages sont à prévoir. Seulement, il arrive que la classe des cancres mute si elle vous aime bien. Et là, c'est toujours fatiguant mais c'est aussi méga kiffant parce qu'ils mettent leur énergie de cancre à participer au cours. Le cours devient donc parfois surréaliste entre un élève qui va retomber dans le rôle du cancre, puis va se faire reprendre par son voisin de devant (cancre repenti) qui va lui gueuler de se taire, qui lui même va se faire reprendre par la prof qui va lui reprocher de crier même si c'est pour la bonne cause, mais qui va finir par avoir une réponse brillante à une question compliquée. Kiffant, je vous dis.
la classe ramollie du bulbe : selon moi, la plus chiante. Elle est facile à décrire : c'est le silence radio. Vous posez une question pourtant passionnante (mais si, passionnante, j'ai dis), vous regardez les élèves et rien ne se passe. Entre celui qui se gratte le nez, celui qui se gratte le ventre, celui qui n'a pas compris la question, celui qui essaye de communiquer en morse avec son voisin, celle qui se remet du baume à lèvres, vous vous sentez un peu seul.
Puis, au fond, une lumière ! Un élève lève la main ! Vous l'interrogez ! "Ah, non, pardon Madame, je m'étirais". Ok, c'est pas grave. Une prochaine fois. Classe qui vous donne l'impression de n'être qu'un écran de télé et un écran un peu chiant. Genre LCP.
la classe Gerard Klein : comme son nom l'indique, elle a l'air tout droit sortie d'un feuilleton télé béni-oui-oui. Ils ne bavardent pas, juste un peu pour que vous puissiez les reprendre de temps en temps. Ils posent des questions. Ils répondent aux questions. Le cancre est au fond, près du radiateur ou de la fenêtre. Il met parfois un peu d'ambiance mais tout cela reste bon enfant. Bref, on a l'impression d'être dans l'Instit et il faut avouer que c'est assez reposant. "
L'Essai d'analyse sociologique du groupe classe, de l'anarchie au silence radio est disponible dans toutes les bonnes librairies.
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