mercredi 9 janvier 2013

Super Teacher répond à la question "Et toi, tu fais quoi dans la vie ?"

Il y a peu de temps, quand on rencontrait quelqu'un, on lui demandait à quelle fac il glandait. Maintenant, on est grand, on a des vrais métiers d'adultes et les conventions sociales veulent qu'on en dise un peu plus sur le sujet.

Cherche pas, tu comprendras à la fin de l'article
Dommage, j'adorerais me présenter en disant "Salut, moi c'est S....., j'adore les bébés animaux et l'andouillette, mais je n'aime ni les huitres ni les hommes qui s'épilent les aisselles."

Alors, comme certains de mes amis doctorants (ouais, t'as vu, je fréquente l'élite moi) essayant vainement d'expliquer ce qu'ils peuvent bien faire de leur journée, le moment où j'annonce que je suis prof promet toujours des réactions diverses et variées.

L'avantage, c'est que prof, en gros, tout le monde sait ce que c'est. Le problème, c'est que prof, en gros, tout le monde sait ce que c'est.

Mais contrairement à ce qu'on nous rabâche souvent, le métier de prof n'est pas si déconsidéré que ça aujourd'hui, et la plupart du temps, les réactions sont positives.
Systématiquement, on va me parler d'un prof qui a marqué la scolarité, souvent en bien. (et d'ailleurs, je voudrais pas crâner, mais c'est souvent des profs d'hist-géo. Moi, je dis ça...)
Mais on me parle aussi des profs pourris et en échec. La différence, c'est qu'aujourd'hui, j'ai de la compassion pour eux et je me dis "Il aurait du changer de métier au lieu de s'infliger ça" et pas "Gros naze, rentre chez toi" (t'as vu, la maturité et tout)

Forcément, la situation est cocasse quand c'est la gynéco qui te parle de son prof de math préféré en t'auscultant le spéculum à la main. La prochaine fois, je dirais que je suis Pompe Funèbre, ça devrait refroidir la conversation.

Donc, globalement, prof, les gens ça les intéressent et ils sont plutôt bienveillants. Mais je sens bien que de temps en temps, je tombe sur quelqu'un qui pense très fort : "oh le métier de branleur. T'es pas allé chercher bien loin pour le trouver celui-là. Un jour, tu comprendras ce que c'est le vrai monde (comprendre : le monde de l'entreprise)". 

Mais je vais te dire, chéri lecteur, je m'en fiche un peu. Parce que tout au fond de moi, je suis sincèrement et profondément convaincue de l'importance de ce métier et de l'importance de l'éducation pour tous.
(Ah putain, ça y est, elle ressort les mouchoirs et les grandes phrases républicaines ! Ils l'ont bien lobotomisée à l'Educ Nat',  que tu te dis, chéri lecteur)
Mais ouais, mais les grandes phrases, bin moi, je trouve que ça fait du bien, parfois.

(allons enfaaaaants de la patriiiiiii-euhhh)

PS : nouvelle perle républicaine : "Parmi les symboles de la république, il y a la Vierge Marianne". (La troisième République se retourne dans sa tombe)

mardi 1 janvier 2013

Super Teacher et 2012

Sur le conseil d'un sage avisé, voilà un bilan de mon année 2012 super-teacheresque. (Waaa, putain, t'as vu, je suis tellement célèbre qu'on fabrique des mots avec mon nom !!)

2012, retrospective.(et genre là, tu imagines une musique façon "Time of my life")


avril : Inspection. 
Evidemment, j'ai été inspectée avec ma classe la plus remuante. (pour un portrait plus approfondi, voir cet article, "la classe des cancres"). Genre celle qui m'a fait vivre mes pires moments du début de ma carrière. Celle devant laquelle par moment, je m'arrêtais de parler en me demandant "Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que je fais ?". Non, chéri lecteur, rassure toi, ils n'en étaient pas à sauter sur les tables, mais quand même c'était un peu la loose.
Sauf que. Sauf que les choses ont changé du jour où j'ai appris qu'ils étaient insupportables dans tous les cours, pas qu'avec moi. [de la solitude du prof] Je me suis détendue avec eux et j'ai réussi, je ne sais par quel miracle, à reprendre les choses en main.
Du coup, au moment de l'inspection, ils étaient devenu ma classe préférée. Et quand je leur ai annoncé, tremblante, que j'étais inspecté et que, comme eux, j'étais notée, ils ont assuré leur RACE.
M'ont dit qu'ils allaient être super silencieux et tout.
Leur ai dit que oui, silencieux, mais pas trop quand même.
Petit Goujon est venu à la fin de l'heure et m'a dit texto "Moi, Madame, c'est promis, demain, je serais parfait".
Et Inspectrice est venue. C'était parti pour presque une heure de bouche pâteuse. Mais les élèves ont été super. Pas du tout réalistes (genre quand l'un parlait, l'autre se retournait et lui faisait les gros yeux) mais   m'ont fait un cours hyper dynamique (ils ne pouvaient pas faire autrement) et hyper calme.
Sauf quand Petit Fion Furet a commencé a déchirer frénétiquement la couverture plastique de son manuel (pétage de cable, what the fuck Petit Furet ??) et qu'il a fallu que je lui arrache des mains, vénère.

Bon, pendant l'entretien, elle m'a dit que la construction de mon cours était, en gros, toute pourrie mais qu'à part ça, ça le faisait plutôt bien et que j'allais survivre dans l'arène.
Les jours suivants, j'ai appris par mes collègues qu'un autre prof s'était fait descendre en flèche en faisant un cours exactement sur le même sujet, parce l'inspectrice était archi-spécialisée dessus. Ils ne me l'avaient pas dit pour ne pas me plomber le moral.

juin-juillet-août : Déménagement.
Bye-bye, pays de Oui-Oui, du magret et du soleil chantant.
Bonjour, grisaille, appartement humide et Dia du coin.

septembre : Rentrée
Mais en fait, lecteur, tu sais déjà tout sur ma rentrée. Rétrospective qui tombe peu à peu à l'eau. J'avais surtout envie de raconter mon inspection, c'est chose faite. Ah Ah Ah, je suis la reine de la manipulation !

(bon, perso, j'avais mis toute la B.O. de Dirty Dancing pour rédiger cet article, j'en suis à "She's like the wind", si tu veux tout savoir)-(je t'encourage aussi à écouter de la musique soupe au lait pour bien commencer 2013, c'est super apaisant)

dimanche 30 décembre 2012

Super Teacher fête Noël

Joyeuses fêtes chéris lecteurs. Que la paix et l'amour libre soit dans vos foyers et comme on commence à vieillir, que la santé soit bonne. 

Mes élèves ont été terriblement déçus, la fin du monde n'est pas arrivée.
Les vacances si.

Et comme tout le monde le sait, les profs, ça fout rien, c'est riche et c'est toujours en voyage. Alors, moi je trouve qu'il ne faut pas contrarier les certitudes alors voilà de la glande, de la richesse et du voyage.

VIENNE, bitches !



Mais bon, l'envers du décor c'est la photo suivante, c'est à dire 200 copies à corriger. Comme le sentiment de sombrer peu à peu dans une mer de fautes d'orthographe et de réponses farfelues. Oui, Marianne porte un bonnet frigide. 

mardi 11 décembre 2012

Super Teacher et l'amour

Sujet : les élèves doivent-il aimer leur professeur ?
Vous avez deux heures.

S'il est quelque chose que mon métier m'apporte, c'est le questionnement. Je n'arrête pas de me remettre en question, de me demander comment les choses fonctionnent et pourquoi elles fonctionnent comme ça.

En ce moment, je me demande si les élèves doivent aimer leur professeur pour que le cours soit un bon cours.
A première vue, je dirais non. Et je le pense. Le prof n'est pas là pour être aimé. Il est là pour faire un cours efficace et si tout le monde vient en n'aimant pas le prof mais ressort en ayant travaillé et appris des choses, le travail est fait.

Mais moi, ça me gêne. Parce que je n'arrive pas à être à l'aise avec une classe que je sens hostile/désintéressée et que du coup, mes réactions sont moins bonnes et mes cours moins passionnés.
Et là, tout se casse la gueule. On appelle ça un cercle vicieux qui pue. Une classe que je trouve antipathique va moins me motiver, mes cours seront moins bons, ils accrocheront donc moins au cours et seront chiants et je les aimerais moins, etc... BIM ! CERCLE VICIEUX !

Or, je ne suis pas là non plus pour aimer mes élèves. Pourtant, j'ai du mal à m'imaginer faire cours sans avoir de la sympathie pour eux. Et d'ailleurs, le jour où je n'aimerais plus les élèves, je rendrais mon tablier plein de craie et je deviendrais vendeuse de bonbons au vomi.

Tu l'auras compris, lecteur, il y a une classe avec qui le courant ne passe franchement pas. Genre la guerre froide. Si tu es sage, je te raconterais.


Conclusion : Non, les élèves n'ont pas besoin d'aimer leur prof pour que celui-ci soit bon. Mais moi, j'ai besoin que mes élèves m'apprécient pour me sentir à l'aise dans ma classe. Et ouais, je suis prof parce que je n'ai pas réussi à être star pour recevoir l'amour des foules, alors je compense. 
(Bon, après, il faut admettre l'idée qu'il y a tout un groupe de personne sur terre qui crie de joie quand on leur annonce que tu n'es pas là. Un sale coup pour l'égo, mes amis !)

jeudi 22 novembre 2012

Super Teacher a une vie en dehors du collège (2ème partie)

Dans la série "What the fuck, mon prof n'est pas un androïde qui ne vit que dans l'enceinte du collège".

J'adore ces moments un peu décalés où les élèves effleurent l'idée que je ne suis pas qu'une prof. Moi, ça me fait sortir pendant quelques secondes de ma schizophrénie habituelle et je me retrouve face à eux dans ma version normale, comme découverte, mise à nue devant ma classe.

Si, si, je te jure, lecteur, je me sens à oilpé psychologiquement dans ces moments.

Dernièrement, j'ai parlé de l'identité virtuelle et des risques de donner trop d'informations à des inconnus sur le net. Donc, j'ai voulu donner quelques exemples de trucs où l'on pouvait se créer une fausse identité pour ses loisirs.

J'ai cité "World of Warcraft".

Au premier rang, j'ai vu la bouche d'un élève un peu glandeur s'ouvrir et rester figée.
Puis il a murmuré "Je suis choqué".
"What is the problem, Petit Poulet ?" que je lui dis.

Le pauvre petit était purement retourné par l'idée que je puisse connaître WoW (genre je mets que les initiales et tout, t'as vu). J'ai vu dans les yeux de certains comme un malaise. Peut-être étaient-ils en train de se demander si on avaient déjà fait partie de la même guilde.*

Alors, dans un élan désespéré, la classe m'a demandé si je connaissais Facebook.

J'avais envie de gueuler "Mais c'est moi qui l'ai inventé Facebook, mon pote !! J'ai appris à marcher avec un tutorial Youtube, moi ! T'étais même pas né que j'avais déjà un blog ! Je surfais sur le net quand ça faisait encore un bruit de numérotation téléphonique !"


* pour info, petit lecteur, en réalité, je n'y connais pas grand chose. J'ai même du aller sur Wikipedia pour vérifier ce que voulait dire guilde.


dimanche 18 novembre 2012

Super Teacher et Petite Loutre

J'admire le caractère des adolescents.

J'ai une élève de quatrième que nous appellerons Petite Loutre pour les besoins de l'histoire et pour préserver son anonymat. Petite Loutre, depuis le début de l'année, est en mode rébellion.
Genre quand elle rentre en classe, quand un prof lui parle, quand elle sort son cahier, tout son être crie "Je vous emmerde, la vie c'est nul, mais surtout, surtout, tous les profs sont des connards".
Toi aussi derrière ton écran, tu es en train de dire
"c'est tropppp mignooooooon les louuuuutres" ?
Je croyais que Petite Loutre détestait seulement l'Histoire et moi. Du coup, je n'aimais pas tant que ça Petite Loutre, que je trouvais fort antipathique. Mais en parlant avec les autres professeurs, j'ai réalisé qu'elle rendait systématiquement copie blanche dans presque toutes les matières et faisait la gueule H24 (comme disent les jeunes trentenaires à la mode). Alors, j'en ai conclu que Petite Loutre était simplement en pleine crise existentielle. Rassurant, dans un sens.

Seulement voilà. Super Teacher est tellement super qu'elle fait maintenant de l'aide au devoirs pour tous les Petits Canards du collège qui y sont inscrits. Et Petite Loutre is in da place !
Petite Loutre étant du signe astrologique Petite Fouine, elle essayait de ne pas travailler. Retroussant mes manches, j'attrape Petite Loutre par la fourrure et elle et moi, on va travailler dans un coin sa leçon (de math ! ah, mes aïeux).
Séquence surprise. J'ai découvert une Petite Loutre gentille et timide, manquant de confiance en elle et prête à travailler.

Et le lendemain, en plein cours, devant toute la classe, Petite Loutre qui n'a jamais pris la parole une seule fois, lève la main et demande
"Madame, vous êtes à l'aide aux devoirs ce soir ?"
"Non, sorry ma caille" (of course, je n'ai pas dit ça, mais c'est l'idée)
"Ooooh non"

Soudainement, Petite Loutre m'aimait.
Faites une recherche Google "Heidi". Elle
a ce même sourire crispé sur toutes les photos,
c'est effrayant.
Petite Loutre a même travaillé !

Toute cette histoire façon "Heidi cueille des petites fleurs dans la prairie" pour en conclure que la plupart des élèves en échec, sur la défensive, désagréables, sont souvent juste des
élèves qui ont des difficultés scolaires qu'ils n'arrivent plus à dépasser et qui ont juste parfois besoin d'un tout petit signe de rien du tout, de voir qu'on les a vu et qu'on veut travailler avec eux. Au moins un peu.

Pour en conclure aussi que dans le flot d'élèves, dans la dynamique d'un cours, dans le stress du travail à faire, il est très facile d'oublier que derrière chaque élève chiant se cache bien souvent un élève qui aimerait y arriver.  On en vient à se dire "Il me saoule celui-là à rien faire ; s'il ne veut pas faire un effort, je suis pas mère Thérésa, démerde-toi."

Merci Petite Loutre de me l'avoir rappelé.

dimanche 11 novembre 2012

Super Teacher s'apologize

Biquet lecteur, tu m'en veux.

Tel un élève me regardant pendant un contrôle pour voir si j'aurai pas les réponses collées sur le nez (il est assez grand, diront les putes parmi vous), tu attendais avidement un article. Non ! N'ai pas honte. Je le sais. Chuuut. Je le sais. Tout ira bien.

Ma voiture d'amûr
Mais tu sais, j'ai eu beaucoup de travail. Et puis aussi, après je suis partie en vacances et j'ai failli mourir sur l'autoroute après avoir ramassé en toute naïveté-je-le-jure des filles de joie. Et puis, je suis restée bloquée 3 jours dans la banlieue de Limoges le temps qu'on répare ma voiture.

Alors, j'espère qu'il n'y a pas de Limougeaud parmi mes innombrables fans (on appelle ça la méthode Coué : on m'aime, on m'aime, on m'aime), parce que je ne voudrais pas les offenser mais Limoges, c'est LA MORT quand même. Genre over-déprimant.

Bref, tout ça pour t'expliquer que mes vacances, c'était un peu de la merde. Et que du coup, j'ai du rattraper mon retard de travail et que comme d'habitude, je me retrouve à tout faire au dernier moment. Comme une grosse quichasse. Et c'est là que je me déçois moi-même : je n'ai pas profité des vacances pour recharger correctement mes batteries et retrouver avec passion mes bambins. Et ça, c'est un peu nul.

Bon, mais pour que cette situation malheureuse de panne bloguesque ne se reproduise pas...
Je promets solennellement que désormais, si je ne tiens pas le rythme d'un article par semaine, tu auras le droit de venir dans un de mes cours pour montrer à mes élèves des photos de moi faisant de la merde. Genre Super Teacher fait une tequila-paf / Super Teacher a des prostituées dans sa voiture / Super Teacher danse sur Gangnam Style / Super Teacher et son jogging de clocharde / Super Teacher essaye de faire du surf et se vautre la gueule. (c'est vachement mieux que la série des Martine, je trouve)

I the promess solennely that now, if I write not of the every week, you have right to come in the class of me, to show my pupils the picture of the Super Teacher doing the shit. (toi aussi, tu kiff mon anglais ? )