samedi 11 janvier 2014

Super Teacher change de site

Bichons chouchous ! Voici venue la version 2.0 de Super Teacher.
Vachement plus belle, vachement plus pensée, vachement plus classe.

C'est vraiment possible ? que tu te dis. Bin oui.
Pour retrouver la suite de mes -plus si folles- aventures, cliques là http://zesuperteacher.wordpress.com/

Tu vas voir, si tu cherches bien, on voit un zizi.


lundi 6 janvier 2014

Super Teacher et les châtiments.

Je sens que ce titre d'article va m'attirer bien des pervers arrivés par hasard ici grâce à Google. Coucou Monsieur le Pervers ! Bienvenue sur mon blog. 


Il y a peu, j'ai parlé à des militaires d'à peu près mon âge qui donnaient des cours à des étudiants en formation. Et l'un d'entre eux m'a raconté qu'il punissait les bavards en les envoyant au coin. Alors, quand même, il faut l'avouer, c'est drôle d'imaginer un grand gaillard de 25 balais, le crâne rasé, les muscles saillants sous son tee-shirt ajusté, la peau croustillante comme un bon poulet roti...mmmh... Hum, excusez-moi. (jamais j'aurai du donner l'adresse de ce blog à ma reum). Bref. D'imaginer un gros militaire au coin, c'est rigolo. 

Moi, j'envoie pas les élèves au coin. Déjà, parce que je suis pas tellement sûre que ce soit autorisé par la loi et que moi, la loi, j'aime ça. Ensuite, parce que je suis pas convaincue de l'utilité de la méthode. Déjà au départ, il me semble qu'un bon prof ne devrait pas avoir à punir, car cela revient à dire que tu as déjà échoué quelque part. L'élève n'aurait pas du se retrouver en situation d'être puni. Mais, force est de constater qu'un prof doit forcément punir à un moment ou à un autre.

Alors après, le plus compliqué est de se trouver une sorte d'échelle de la punition. 
C'est L'ECHELLE DU CHATIMENT. (Aaaah, voilà, mon pervers Google commence à avoir quelque chose à se mettre sous la dent). 
Ami lecteur, voici venue l'heure du jeu ! Une liste pleine d'erreurs s'est malencontreusement glissée dans cet article de blog. A toi de trouver la liste qui propose des punitions adaptées à la bêtise de Petit Babouin et celle qui va un peu trop loin !

Liste n°1 

  • Petit Babouin fait tomber sa trousse ==> je latte les doigts de l'élève maladroit avec ma règle en métal.
  • Petit Babouin a oublié de faire son travail ==> je le fais exclure du collège définitivement. 
  • Petit Babouin continue à parler avec son voisin alors que je l'ai repris déjà deux fois ==> j'enregistre discrètement leur conversation à l'aide des micros incorporés dans les tables et peux ainsi révéler à tout le collège les problèmes d'hémorroïdes de la grande soeur de Petit Babouin. 
  • Petit Babouin mange un Tuc en en mettant partout par terre ==> je récupère son Tuc, le lui écrase dans l'oreille et lui fais ramasser les miettes à la fourchette. 
  • Petit Babouin me dit "Ton père la vieille pute tchétchène" ==> je fais recopier 34 fois à l'élève "Je ne peux pas savoir si le père de mon professeur est une pute, ni son origine, et même si je le savais, ce n'est pas très gentil de le lui faire remarquer". 

Liste n°2 

  • Petit Babouin fait tomber sa trousse ==> je ne fais rien et le laisse discrètement la ramasser, Petit Babouin se sent déjà assez mal d'avoir fait un max de bruit. 
  • Petit Babouin a oublié de faire son travail ==> je lui donne un travail à faire en plus sur le sujet que nous sommes en train de traiter, qui prendra plus longtemps. 
  • Petit Babouin continue à parler avec son voisin alors que je l'ai repris déjà deux fois ==> je prend ma grosse voix qui fait peur. S'il recommence, je prend son carnet. 
  • Petit Babouin mange un Tuc en en mettant partout par terre ==> même pas en rêve tu manges un Tuc dans ma salle, Petit Babouin.* Si jamais ça arrivait, je le collerais et lui ferait tout nettoyer avec mes petites lingettes spéciales élèves cracras. 
  • Petit Babouin me dit "Ton père la vieille pute tchétchène" ==> je déclenche la troisième guerre mondiale. 

Les trois premiers gagnants se verront offrir une nuit d'amour avec mon cochon d'Inde ! (oui, celui qui est mort il y a 2 ans). (love, Ignace).


* pour revenir sur le cas de Petit Babouin qui mange en classe. Je ne dis pas que ça n'est jamais arrivé. Je pense que des élèves l'ont déjà fait, mais à la limite, s'ils ont réussi à être assez discrets pour que je ne vois rien, j'ai envie de dire "bien joué, mon poulet".

mercredi 4 décembre 2013

Super Teacher et les gens qui puent.

Aujourd'hui, mes bichons, nous allons parler de gens qui puent. Non, ce n'est pas une métaphore. 

La première fois que j'ai fais une connexion entre les thèmes "odeur nauséabonde" et "collège", c'était quand j'étais moi-même une gentille petite collégienne à la salopette pimpante. Oui, j'avais une salopette. Et un pantalon rouge à carreau aussi. La classe incarnée. Bref.

A chaque fois que nous allions en cours de math, le passage de la porte était compliqué. Depuis le couloir où nous pouvions encore respirer l'air frais, nous franchissions lentement et à reculons le cadre de la porte. Brusquement, l'odeur aigre des aisselles du prof/de plusieurs heures de présence de troupeau d'élève en pleine puberté nous piquait les narines.
Oui, la salle de M. **** puait la mort. Mais étonnamment, au bout de 5 mn, nous ne sentions plus rien. A croire que nous avions fusionné avec l'odeur d'opossum crevé.
(Si, si, les copines, dédicace, je sais que vous vous souvenez aussi)

Puis, hier matin, alors que j'avais réussi à enfouir très très profondément ce souvenir dans les affres de ma mémoire, j'ai entendu un élève dire en rentrant dans ma salle "Aïe, ça pique le nez..."

Quoi ? Qu'entends-je ? Je pue du cul des aisselles, c'est ça ? Remise en question totale de mon hygiène, bouleversement profond de mon moi-même, mon dieu-je-suis-devenue-la-prof-qui-pue-tout-le-collège-se-moque-de-moi.

Bon. Calme toi, Super Teacher, peut-être que tu t'emballes un brin, que je me dis alors.

Donc j'ai décidé que ce n'était en aucun cas ma faute (je te jure, chéri lecteur, je me lave tous les jours et je frotte bien les coudes, parce que parfois, ça pue les coudes). Ce sont mes élèves qui puent. Bim.

J'aborde en fait un vrai sujet de société, même si on dirait pas trop comme ça, parce que forcément, tu te dis que je peux pas parler d'un truc sérieux, hein, gros bâtard de lecteur. Mais vois-tu, il y a des élèves qui sentent mauvais. Mais vraiment très très mauvais. Du genre tu passes derrière, tu as le sentiment que ça y est, toi aussi tu sens la molaire de hyène pour les 3 prochains jours.

J'avoue que je n'ai pas les réponses à ce qui est pour moi un grand mystère : l'élève est-il dans le refus simple de se laver ? Est-ce plus grave ? Comment lui en parle-t-on ? Qui doit lui en parler ?

Et phénomène étrange et fort embarrassant, il y a parfois des classes où 4 ou 5 élèves sont concernés par le problème. Je te laisse imaginer l'ambiance (l'ambipur devrais-je dire) (je pense que c'est ma plus mauvaise blague sur ce blog).

Enfin, je parle, je parle, mais hier, à la cantine, en frappant un peu trop fort mon assiette de raviolis pour faire tomber les restes dans la poubelle, j'ai tout projeté méthodiquement contre ma cuisse.
Tapisserie de raviolis sur mon pantalon noir, du Nord au Sud*.
Je commence à me demander si je ne suis pas un tantinet maladroite.


* je t'ai entendu au fond, tu as dit "sans toucher la Corse". Trop la honte sur ta famille et tes descendants.

jeudi 26 septembre 2013

Super Teacher a écrit "con" au tableau

Des petits détails en principe sans importance auxquels tu fais désormais gaffe maintenant que tu es gourou prof. 

Le cours se déroule parfaitement. Tu commences à écrire la leçon au tableau, te hissant sur tes talons pour atteindre le point le plus haut, soit la moitié. Tu écris une phrase contenant un mot comme "contraire", "confronter", "consigne","constipation". Mais voilà, tu arrives au bout de ta ligne et tu comprends ce qui est en train d'arriver. Une goutte de sueur perle sur ton front, mais tu le sais, c'est bientôt trop tard. Oui, tu vas être forcée d'écrire CON- à la ligne - TRAIRE. Or, derrière toi, c'est une horde de 5ème et en 5ème, leur humour est encore assez simplet et un gros mot au tableau, c'est un peu Bigard et Kev Adams réunis, bref, c'est super drôle*. Alors, dans un tour de passe-passe impressionnant, tu vas à ligne plus tôt pour écrire contraire en un seul mot. 


Quand tu épelles un mot qui contient la lettre Q devant les petits (5ème et 6ème), tu t'arranges pour rythmer ça de façon à ce que ce gros Q passe discrètement.
Genre : P - O - R - T - I - kuhuheu.
Et pas P - O - R - T - I - cul - U - E.


Avec les plus grands (comprendre 4ème et 3ème), les choses sont un peu plus évoluées. Enfin, évoluées si l'on veut. Par exemple, quand tu expliques un exercice, tu ne diras pas de la consigne qu'elle est "longue et dure" (true story...). Tu n'insisteras pas lourdement en parlant de la Gaule. De façon générale, tu ne diras jamais les mots suivants : "sucer", "saucisse","bénissent", etc. Pourquoi bénissent ?  Parce que pénis, voyons.


C'est contraignant, mais ça évite des petites situations pas si graves, mais qui font perdre du temps. Et le temps, les mecs, c'est de l'argent.
Ma vie est vraiment pleine de subtilité.


*Ironie. [nda]

mardi 10 septembre 2013

Super Teacher se fait tester

Le collégien du mois de septembre part à la recherche des limites de chaque prof. 

Telle une petite fouine, le collégien a une stratégie, certes inconsciente, mais profondément ancrée dans son ADN. Dès les premiers cours, il va chercher à savoir très vite dans quels cours il pourra s'amuser et dans lesquels il vaut mieux se tenir correctement.
Ainsi commence un doux combat entre le prof et sa classe. Le gagnant le sera pour toute l'année, voire pour toutes les années suivantes. Tu comprends, chéri-lecteur, que le prof a sacrément intérêt à bien jouer ses cartes.
Au départ, surtout, on n'imagine pas à quel point cela se joue sur de TOUS PETITS détails. Parfois, je repense à des réactions que j'ai eu et qui j'en suis sûre, m'ont plombée pour toute l'année avec une classe.

Quand tu fais ta rentrée dans un établissement où les élèves te connaissent déjà, c'est plus simple, tu as moins à faire tes preuves. Mais il n'empêche que les petites situations d'affrontement de début d'année sont toujours là avec certaines classes.
Heureusement, je me suis rendu compte à quel point je les gérais mieux qu'il y a deux ans (même si c'est loin d'être parfait...) et je comprenais mieux le fonctionnement d'une classe.

Mise en situation n°1:

Ce matin même, je fais mon cours, tout le monde écoute, puis au fond de la classe, j'entends un tchip. Moi, les tchip* dans ma classe, j'aime pas trop ça.
Alors je dis "Moi, les tchip dans ma classe, j'aime pas trop ça". Sans m'énerver, juste j'avertis. Histoire qu'on soit sur la même longueur d'onde, les mecs.

20 secondes après, j'entends un autre tchip. Tu vois le genre. Genre je me fous de ta gueule. Et là, chéri-lecteur, c'est exactement le type de situation où la classe entière (à travers le courage soudain d'un kéké) te teste et où énormément de choses peuvent se jouer.

Je sens littéralement la classe se tendre, entre rires nerveux retenus et angoisse de la part des sages (qui se sentent toujours plus coupables que les autres, étrangement).
Hé hé hé, je m'en fous, moi je sais comment vous faire stresser.
Donc, je me tais, l'oeil noir tel celui de la meuf qui rentre seule à 2h du mat sur la ligne 4 et qui a vraiment, vraiment pas envie qu'on vienne la faire chier. Je me lève lentement et me déploie de tout le long de mon mètre 35. Impressive, I know.
Et dans le silence de la classe fébrile, je commence à parler, doucement puis de plus en plus fort pour finir par tonner "J'espère que je viens bien de rêver, là. Qui est l'élève en train de se FICHER de moi ?" (je te jure, chéri lecteur, tu m'as jamais entendu tonner. Je tonne super bien, moi).

Les élèves que je soupçonne évidemment se rétrécissent et les sourires narquois s'effacent. Bingo. Le truc, c'est la colère froide. Moi, je kiff la colère froide. Parce que la colère vénère genre je fais un ulcère et si ça continue je fais caca par terre, bin les élèves, ça les impressionne une fois, puis après ça les fait marrer et ils font tout pour te faire tourner en bourrique et voir cette fameuse veine saillir sur ton front tout rouge. Je le sais, j'ai testé. (mais non, bordel, j'ai pas fait caca par terre, essayez de suivre un peu).


Mise en situation n°2 : 

J'écris gentiment la leçon au tableau et je sens que derrière moi, ça commence à s'agiter. Normal, je ne leur en veux pas, ils essayent juste de voir comment ils vont pouvoir se comporter cette année et à quel moment ils peuvent se relaxer les maxillaires.
J'attends. Le bruit enfle.

Réaction normale de la part d'un prof débutant, c'est-à-dire de quelqu'un qui vient du vrai monde, le monde civilisé :
Je me retourne et je m'adresse à la classe entière. "Comment voulez-vous prendre le cours correctement si vous parlez, et blablabla, le silence, et bloubloublou, sinon j'efface tout et blébléblé". Bin oui, normal, tu fais comme si tu avais face à toi une assemblée d'adulte qui comprend les conséquences, qui ne veut pas te manquer de respect et qui a un peu d'empathie pour toi, le naze tout seul devant son tableau.

Malheureusement, même si je les aime très fort, souvent, les collégiens ont une bonne part de cruauté. L'empathie avec le prof, ils se la carrent au cul. Le respect dû à un semblable, hop, avec l'empathie, dans le cucul au fond à droite.

C'est pourquoi s'adresser à la classe entière et faire une leçon de morale, ça n'a en gros presque aucune chance de marcher (bon, je parle pour moi, of course... Je suis sûre que certains profs y arrivent très bien). Surtout que dans le lot, les trois quarts des élèves n'auront rien fait et se sentiront (avec raison) accusés à tort. Voilà qu'en 2 minutes, le prof se sera aussi mis à dos les élèves tranquilles, sans que les vrais relous n'aient reçu la moindre punition ou remarque.

Réaction de la part d'un prof qui a plus de 6 mois d'expérience et a appris de ses douloureuses erreurs :
Je me retourne et m'adresse à un, deux voire trois élèves que j'ai VRAIMENT entendu parler. Et je leur demande, sans crier, si je les dérange et s'ils veulent que leur amène une tasse de thé. Par contre, là, il faut bien jouer, c'est-à-dire rester très froid et distant, sinon tu peux être sûr que l'un d'entre eux va te répondre "Oui, merci bien !" pour faire rire la classe. Bon. Si tu as évité l'écueil classique de la tasse de thé, normalement, les élèves ont honte de s'être fait prendre la main dans le sac et un peu enchaîné par le prof. Ils se taisent et les autres aussi car ils n'ont pas envie d'être les suivants.


Conclusion : le début de l'année, moi, je trouve ça toujours un peu comparable à un combat silencieux avec certaines classes (une seule, pour l'instant). Je vois que j'ai déjà plus d'armes et mieux affutées qu'avant. Mais si j'ai gagné quelques batailles, je n'ai pas encore gagné la guerre !


*mais si, le tchip, tu sais, ce son qu'on fait en faisant la bouche de Donald Duck... Vas-y là, elle est où ta culture ghetto ?

dimanche 8 septembre 2013

Super Teacher et ses 24 enfants

C'est la rentrée, troisième édition ! Et oui, entre ses vacances, le prof travaille.


Et pour moi, c'est une grande rentrée, parce que pour la première fois, je retourne dans le même collège et je retrouve des bambins qui me connaitront déjà.

Grande question : vont-ils se dire qu'ils peuvent prendre leurs aises, tranquille-émile-genre-Superteacher-et-moi-on-a-élevé-les-cochons-ensemble, ou ne vont-ils pas ?

Mais surtout, surtout... cette année, je suis PP.
"Pépé ?", que tu te dis, lecteur.
"Non, PP. Prof principal, quoi". 
Et ça, chéri-lecteur, c'est marrant.

Alors d'abord, les backstages. Après des vacances d'une durée sur laquelle je ne m'appesantirais pas parce tout le monde nous déteste déjà alors n'en rajoutons pas, les profs ont leur pré-rentrée. C'est à dire qu'on découvre nos classes, nos emplois du temps et les nouveaux collègues. Et puis on se retrouve.
"Alors tes vacances aux Seychelles, c'était sympa ?
"Ouais, génial, mais je trouve que la business classe devient beaucoup trop populaire..."

Bon, ok, ok, on est prof. En vrai, c'est plutôt :
"Alors, les vacances en Bretagne, pas trop de pluie ?"
"Boh, finalement, on est allé à la mer de sable."

"Oh non, j'ai Machin dans ma classe"
"Et bim ! Oh non, moi j'ai Truc."
"Et bim !"

"Non, mais attends, t'as vu cette réforme qu'ils veulent faire"
"Raaah, foutus politiques"
"Bien dit"
"Hé les mecs ! Demain, y a grève !"
(ce dernier échange n'est qu'un vulgaire cliché. On n'a même pas de délégué syndical dans mon collège, alors vous imaginez)

Alors, moi je suis PP de 4ème cette année. Oui, le niveau où les centres d'intérêt principaux c'est Secret Story, Les Ch'tits à Ibiza, l'acné et les kebabs (les deux derniers étant sans aucun doute reliés).
La liste d'élève a l'air assez prometteuse. 15 élèves que je connais sur les 24 et beaucoup de bichons-chouchous venus de ma classe préférée de l'an dernier.

Le mercredi, je vais les chercher dans la cours pour leur premier jour d'école.
"Super Teacher !" qu'ils crient en choeur, faisant une ola et enchainant des saltos et pyramides humaines en mon honneur. Si, je te jure c'est vrai.

Puis arrivés en classe, comme d'hab, je fais mon topo mêlant coup de pression ("Je ne VEUX PAS que des profs aient à se plaindre de vous cette année, c'est bien clair ?") (on y croit ! on y croit !) et coaching intensif ("Je ferais mon maximum pour essayer de vous intéresser et je compte sur vous pour faire vivre mon cours") (mon dieu, qu'elle est cucul, tu te dis. Oui, je trouve aussi, mais ils ont 13 ans, alors leur notion du cucul est vachement plus aléatoire).
Je suis allée jusqu'à leur dire que cette année, j'étais un peu comme leur maman au collège... Je crois que j'ai pété un câble à un certain moment, ce matin-là.

Quand même, tu sens que quand tu es prof principale, tu as une sorte d'ascendant sur eux assez spécial. Je pense que même les kékés savent qu'il ne faut pas se mettre le PP à dos. Et des kékés, j'en ai ! Mais tu sais que les kékés, moi j'aime ça. Je n'avais jamais autant écrit le mot kéké avant.

Bon, mais plus sérieusement, pour l'instant, PP ça veut surtout dire passer un temps fou à classer et récupérer des papiers. Vu mon talent inné pour l'organisation, je sens que la vie scolaire et l'administration vont me kiffer...

mercredi 24 avril 2013

Super Teacher et les-mots-qui-font-forcément-rire-les-élèves-et-que-ça-me-donne-envie-de-les-calmer-vite-fait-bien-fait

je croyais pas taper "vieux roumain"
dans ma barre de recherche un jour
A croire que certains mots ont un potentiel humoristique insoupçonné. 

Tu le sais, chouchou lecteur, j'adore mes élèves. Je les trouve croquignollets comme tout. Mais il y a des fois où je suis pas fan-fan. Genre, quand ils rigolent SYSTEMATIQUEMENT à certains mots. Non, vraiment, avant même de les prononcer, je sais qui va rire, dans quelle classe et pourquoi. Et ça m'agace gravos. Surtout, tu serais étonné de savoir de quels mots il s'agit.


Exemple :
Là, demain, en cours avec mes troisièmes, je vais parler de la Roumanie. Et je vois déjà mes trois kékés au premier rang se regarder discrètement et ricaner entre eux au moment où je vais prononcer le mot "roumain".
L'autre mot qui marche bien, c'est "Portugal". Pourquoi ? Parce que 50 % de mes élèves sont Portugais et qu'ils se vannent entre eux sur leurs origines. Ha ha. Très drôle.

Ça a le don de m'énerver. C'est pas drôle. Portugal. Roumanie. Putain, heureusement que Gad Elmaleh a pas parié sur ces blagues là pour faire son succès.

Alors, j'avoue que je réagis un peu comme une gamine de 12 ans quand j'entends ça. La première fois qu'un élève rigole bêtement à un nom de pays, je vagis "Geuuuh, c'est drôle, j'ai 14 ans et je rigole quand j'entend le mot roumain". En général, ça calme vite. Le reste de la classe prend ses grands airs genre "Ouais, c'est clair, trop des gamins, pffff". Et hop, c'est réglé.
Après, ils ont la décence de ricaner discrètement quand j'ai le dos tourné (les gloires des profs sont toujours semi-complètes).

Bon, parfois, c'est vrai, je cherche un peu, il faut dire. Genre quand je parle de diarrhée* à mes cinquièmes. Ou de préservatifs (ce qui implicitement, reviens à parler de zizis et de zézéttes). Mais étonnamment, ils réagissent de façon beaucoup plus mature que les plus grands. Et si ils rient, c'est plutôt du "hi hi hi" que du "beuhahahahohhohuhah".

Bref. Si toi aussi, dans ton métier, il y a des mots tabous étonnants, fais tourner.


* non, je ne leur parle pas de ma digestion difficile de la semaine dernière après cette orgie de sashimis pas frais. Mais j'explique seulement que la diarrhée tue encore dans certaines régions du monde. La diarrhée m'a tuer.

mardi 9 avril 2013

Super Teacher et son top 5

Top 5 des cours que les élèves adorent : 

l'esclavage, parce c'est injuste et dégueulasse
- les discriminations, parce que c'est injuste, dégueulasse et pas très gentil
- le génocide nazi, parce que c'est injuste, dégueulasse et en plus, c'est vraiment raciste
- les risques (séismes, tremblement de terre...), parce que tout le monde meurt et ça casse tout
- la Révolution française, parce qu'on coupe pas mal de têtes et qu'on les plante parfois sur des piquets.

Moralité : à l'adolescence, on n'aime pas l'injustice. Mais le gore, ça va. 


Top 3 des cours qui saoulent les élèves : 

- les institutions de la Vème République. Je me passe de commentaires.
- les régimes politiques au XIXème siècle, parce que what the fuck, les mecs ? Sérieusement ? 5 régimes différents en moins de 80 ans ? Galère à apprendre.
- l'identité personnelle, parce que ça va, on a déjà vu une carte d'identité.

Et là, je te jure, tu déploies 5 fois plus d'énergie pour les intéresser, à coup d'anecdotes pourries ("Et vous vous rappelez Chirac, mangez des pommes ? Jospin, mangez du pain ?*"), de mimes ("Et là, les Parisiens construisent des barricades... boum ! bim ! crac ! ouille !") et de voix convaincue ("Vous vous rendez compte, un peu ?! Vous avez TOUS un numéro d'identité rien qu'à vous")

Et même que parfois, ça marche. 

*je viens de réaliser, en faisant quelques recherches dans un souci constant de vérité, que personne n'a jamais dit "Jospin, mangez  du pain". Je pense qu'on le faisait juste dans mon école primaire. J'ai honte.

lundi 25 mars 2013

Super Teacher est une rideuse à deux euros

Allo, quoi... T'es une prof et tu fais du snowboard ? Non, mais allo quoi... C'est comme si je disais t'es une prof et t'as une vie... Allo, quoi...

Je suis une prof surpayée et toujours en vacances, alors forcément, comme je me suis embourgeoisé et tout ça, je suis partie au ski.

Mais, restant toujours fidèle à moi même et à mes plans-de-merde-mais-que-quand-même-c'est-un-peu-drôle, je me suis cassé le poignet. Certes, ça arrive. Mais le premier jour, c'est déjà moins fréquent. Certes, ça arrive aussi. Mais la première heure, c'est déjà moins fréquent. Ah, sauf avec moi. BIM-les vacances à la neige tombent à l'eau (t'as vu, le jeu de mot sur la neige qui fond et se transforme en eau).

Bon, tant pis, on relativise, j'en connais qui se sont cassés les deux poignets d'un coup et là, tu peux dire au revoir à ton autonomie. Salut Maman, je reviens vivre chez toi pour deux mois !

Toujours est-il que, tu t'en doutes, j'ai fait sensation au collège. Je pensais qu'ils seraient hyper choqués de m'imaginer sur un snow. Pas tellement en fait. Genre quand je leur ai dis que je m'étais fait mal en faisant un double backflip, ils m'ont cru, ça leur semblait possible. Naïfs.
Mais ce qui a marqué certains, c'est surtout de me voir diminuée. Une de mes élèves m'a dit "Olala, Madame, comment j'aime pas vous voir comme ça, c'est trop bizarre".

Bin, ouais, t'as vu, je suis l'autorité, l'adulte référent, j'incarne la force et la solidité. Oui, moi. Et là, je sais que plusieurs d'entre vous ont du mal à imaginer, car ils me revoient en train de faire des choses stupides, saoule comme une barrique (Maman, je sais que tu lis mon blog, j'ai dis ça pour plaire à mes lecteurs, je ne bois pas ! Jamais ! Je t'aime !).
Pas de bras...

Le premier problème logistique est que je ne peux plus distribuer les feuilles. Je n'aurais pas pu rendre mes élèves plus heureux. (oui, leur quotidien est assez morne, ils se battent pour l'égayer en distribuant les polycops pendant les cours).
Le deuxième est qu'un soir, j'ai laissé tagguer mon plâtre. Vous en avez un petit détail dans l'image ci-contre, ce message m'ayant beaucoup fait rire. Je dois donc porter une vieille chaussette par dessus pour garder une once de crédibilité. Sexy !

Aussi, je me suis acheté des baskets à scratch parce que je ne peux plus faire mes lacets et que je dois aller bosser à pied. Le vélo à un bras, je le sens pas. Du coup, je fais un max de sport. Dans 3 semaines, une photo de mes fesses musclées en exclusivité !*

Voilà. C'était Vis ma vie de plâtrée.

* (c'est pas vrai)


samedi 16 février 2013

Super Teacher est inspectée

L'inspection, ou 5 jours de montagnes russes émotionnelles.

Je suis pas tellement quelqu'un de stressé. Pour les oraux du CAPES, j'étais zen. Pour mes spectacles de danse, j'étais zen. Pour le permis, j'étais presque zen. Mais alors, l'inspection, ça me fait perdre tout mon sang-froid.
C'est-à-dire que pendant les jours qui la précède, je passe toutes les 20 minutes d'un état d'angoisse où je pense à tout ce qui va sûrement foirer (un élève pose une question précise à laquelle je ne sais pas répondre et m'affiche, l'inspectrice relève un cahier qui ressemble à Tchernobyl, j'oublie mon PowerPoint et doit donc mimer la bataille de Stalingrad en ombres chinoises, etc...) à un état de confiance survoltée (de-toute-façon-je-suis-géniale-je-vais-assurer-et-puis-même-si-je-me-foire-et-bin-tant-pis-j'aurais-juste-un-dossier-de-merde-j'en-ai-rien-à-foutre-oh-non-ça-y-est-je-pleure-calme-toi-tout-va-bien-tu-as-confiance-en-toi-chuuuut)

Le jour de l'inspection, j'avais une gueule désastreuse. Cernes de trois pieds de longs, bouton de fièvre, cheveux ternes et oeil vitreux. Pas belle à voir. Je fais entrer mes élèves. Mes troisièmes adorés, youpi tralalala, je ne pouvais pas mieux tomber.
Personne. Ils se regardent, ils me regardent, ils murmurent (où est l'inspectrice ? qu'est-ce qu'on fait ?). Moi, je fais genre tout va bien, je commence mon cours. Une minute après entre l'inspectrice. Mes élèves se lèvent comme un un seul homme.
Et oui, surprise surprise, la principale vient aussi assister à la séance.
Mais comme je le savais tout au fond de moi, au moment où j'ai prononcé les premiers mots de mon cours, j'ai arrêté de penser à l'inspection et je suis redevenue fabuleuse (au minimum.) Mon oeil est redevenu alerte, mes cheveux se sont mis à briller, mon bouton de fièvre est devenu sexy et mes cernes se sont estompés. Bon, d'accord, cette partie n'est pas vraie (le coup du bouton de fièvre sexy était peut-être en trop).

Et j'ai batailledestalingradé. Et mes élèves ont été parfaits. Certains que je n'entend jamais ont même fait un peu de zèle en participant au cours. J'ai même été assez détendue pour faire quelques blagues à mes bambins. J'ai montré la toute dernière image au moment où ça sonnait, réalisant un PERFECT TIMING.

Après une inspection, on a un entretien d'une heure avec l'inspecteur. Et là, ça s'est super bien passé. Non, non, petit lecteur, je ne suis pas en train de dire qu'elle m'a dit que tout était génial. Pleins de choses n'allaient pas dans la construction de mon cours, dans la gestion du travail de la classe, dans les petits détails. Mais, je suis prof depuis 1 an, alors je suis là pour apprendre et les critiques sont forcément constructives.
Mais surtout, elle m'a dit pas mal de choses positives sur mon cours, mon rapport avec la classe et les élèves, ma façon de raconter les choses et de les intéresser. (Roooh, ça va, je me lance quelques fleurs. Mais à quoi ça sert un blog si c'est pas un peu pour se la péter ?)
Donc une inspection plutôt réussie !! Ouiiiiii.

Et mes bichons-chouchous-élèves de venir me voir deux heures après : "Madame, Madame, vous avez vu ce qu'elle écrivait ?? Parce que nous, on a regardé discrètement pour vous... Elle a marqué que vous n'aviez pas mis de titre à la photocopie. Elle vous l'a dit ça, ou pas ??"
LUV YA. Sont pas trop mignons, sérieux ?

L'après-midi, ce fut la débauche. Je suis allée m'acheter du chocolat, des cigarettes, des nouveaux cheveux, je me suis coupée la main en deux et enfin, je suis allé voir des mecs se faire exploser la cervelle (Django, Tarantino).

Moi, j'appelle ça une belle journée.


dimanche 10 février 2013

Super Teacher et le concept d'ascenseur émotionnel

Un ascenseur émotionnel c'est quand, très brusquement, tu passes d'une certaine émotion à son contraire. Genre joie intense ET BAM tristesse intense.

Exemples :
"Oh putain, j'ai tous les bons numéros, j'ai gagné au Loto ! Je suis riche !"
"Oui, mais chéri, je crois que ton bulletin, là, il n'a pas été validé" - BAM.

"Vraiment, Monsieur l'expert, je n'ai pas besoin de refaire la toiture de ma maison ?! Quel soulagement."
"Non, non, pas la peine. Les fondations de votre maison ne vont plus tenir bien longtemps de toute façon". -BAM.

"Alors, docteur, l'opération de mon chat s'est bien passée ? Il n'aura plus mal ?"
"Ne vous inquiétez pas, il n'aura plus mal"
"Merci docteur, merci pour tout !"
"Non, en fait, il n'aura plus jamais mal." -BAM.

Bon. Moi, j'ai vécu un mini-ascenseur émotionnel cette semaine.
D'abord, la Joie.
Mes troisièmes ont passé leur brevet blanc et.... Ils ont eu la meilleure moyenne de toutes les troisièmes en Histoire-Géographie !!! Tralalala tralalala je suis une prof géniale, j'apprendrais l'Histoire à un oeuf au plat !! Je me kiff. J'ai failli danser dans la salle des profs en criant "Suck it, bitches !!". Mais les gens sont tellement susceptibles...

Mais sur ces entrefaites arrive la principale, qui m'annonce que je vais être inspectée mercredi matin. -BAM. Et que je suis la seule qu'elle vient voir (oh mon dieu oh mon dieu oh mon dieu mon blog est peut-être sous surveillance).
Bon, y a pas morts d'homme, mais quand même, une inspection, c'est stressant. Surtout quand tes collègues commencent derechef à raconter les pires inspections de leur vie.

Alors, petit lecteur, d'ici une semaine, tu auras un article croustillant sur mon inspection...

samedi 2 février 2013

Super Teacher n'est pas une star interplanétaire, en fait

[suite et fin de l'article précédent] (Mais que de suspens sur ce blog.)

Si tu es un lecteur assidu, tu sais que ma promenade en Kangoo dans ma ville a déclenché des réactions étranges de la part de mes élèves.
Sinon, tu sors ton cahier de texte et tu notes pour demain "Lire l'article Super Teacher est une star interplanétaire".
Evidemment, le lendemain, j'ai eu droit aux commentaires et par la même occasion aux explications.

- "Madame ! Je vous ai vu hier en Kangoo !!!"
(Genre, elle m'apprend quelque chose. Genre, j'étais pas là et je lui ai pas fait coucou)

-"Oui, je sais, Petite Autruche. J'étais là et je t'ai fait coucou. Dis moi, pourquoi est-ce que tu as eu l'air aussi étonnée ?"
-"Bin Madame, je savais pas que vous aviez le permis !"

Bon, ok. Déjà c'est un peu vexant. Soit elle pense que je suis pas encore majeure, soit que je suis trop pauvre pour m'acheter une bagnole (berk, la pauvreté c'est dégoutant*), soit que je suis trop maladroite pour apprendre. (C'est pas parce que je manque de tomber une fois par jour, que je lâche toujours mes stylos en écrivant ou que toutes les tasses chez moi n'ont plus de anse que je suis maladroite, bordel).

Bref. Le soir, je la croise en vélo sur le chemin du retour.

-"Mais, Madame !! Pourquoi vous prenez pas votre voiture ?!"
- "Pour l'environnement, Petite Autruche, pour l'environnement !"

(en même temps, tu dois m'imaginer fendre le vent avec mon cycle de compétition et crier ma réponse)(imagine, j'ai dis)

-"Quoi ?? L'environnement ?? N'importe quoi !!"

Voilà. Hormis le fait qu'elle venait de me traiter de n'importe quoi, j'ai compris ce qui avait choqué mes élèves. Ils se sont dit que si je ne venais pas en voiture, c'était parce que je ne pouvais pas et ça ne pouvait logiquement pas être par choix. Conclusion : je vis vraiment, vraiment loin de la ville et j'ai affaire à des enfants-voitures. La plupart habite à 10 minutes à pied mais viennent en auto.


*parfois, je fais du second degré et on ne me comprend pas. Alors, je passe pour une facho, une raciste ou une vraie beauf. Alors, je précise. J'aime bien les pauvres. D'ailleurs, j'ai des amis pauvres.
À ce propos, les élèves n'ont pas beaucoup de second degré et il y a peu, j'ai dit à mes élèves "Bof, la Corse, ça compte pas, c'est tous des terroristes là-bas". 
Et un des élèves au fond de souffler à ses voisins d'un air indigné "C'est pas vrai, c'est pas tous des terroristes". Heureusement que je l'ai entendu et que j'ai pu expliquer qu'il ne s'agissait que de mon humour douteux.
Mais il faut que je fasse attention. Avec mes bambins, tout est entendu et tout est souvent pris au pied de la lettre. Ils sont petits encore. Si je pouvais, je ferais un petit coeur, là.

mercredi 23 janvier 2013

Super Teacher est une star interplanétaire

Je te jure, être prof, c'est vraiment bizarre. 

Tu le sais, lecteur, j'ai déjà croisé des élèves dans la rue (voir mon article désopilant Super Teacher a aussi une vie en dehors du collège). Ils sont souvent étonnés ou contents, parfois timides. Bref, marrant mais rien de vraiment bizarre.

Mais aujourd'hui, je suis allée en ville avec ma voiture. Et là, vent de folie sur ma Kangoo.
Je ne sais pas si c'est parce que j'ai une voiture de mec qui bosse dans le bâtiment et que me voir dedans les surprend mais les 50 000 élèves que j'ai croisé (non, je te jure, ils étaient 50 000, au moins) sont tous devenus fous.
Vraiment.
Ils ont TOUS hurlé de joie en me voyant.
D'abord, j'ai croisé mes petites quatrièmes. En me voyant, la première s'est mise à battre des mains dans le vide en ouvrant la bouche, comme paralysée de la parole (AH, petite fourbe ! dans mon cours, ta langue est plus déliée, hein...!) puis a réussi à crier à ses copines : "Regardez ! Regardez !". Le concert de hurlement a commencé. Je les ai klaxonnées. Elles ont hurlé plus fort.

Ensuite, j'ai croisé des élèves que je ne connaissais pas à un arrêt de bus. Même scénario : ils regardant la voiture, regarde la conductrice, air choqué, cris ("C'est la prof !!!"). Ok, je suis une star.

Ça a recommencé une dernière fois. Les flics étaient pas loin, j'ai eu peur qu'on m'arrête. "Oh Mademoiselle, cessez de perturber la tranquillité des lieux".
Ce à quoi j'aurai répondu "Ecoute, mon poulet (hin hin hin), ce sont les aléas de la célébrité."
Il aurait dit "Ah, vous êtes dans le cinéma ?" d'un air soudainement intrigué et avide. Parce que, t'as vu, je suis super bonne, alors c'est possible.
[Le premier qui dit que j'ai déjà joué dans "Tout ce qui brille", je lui pète la gueule.]

Bref. Quand ils me voient dans ma voiture, les élèves perdent tout self-contrôle. J'aime bien. Mais je n'arrive pas à expliquer cette étrange réaction.
Peut-être que c'est parce que d'habitude, ils me voient sur mon vélo et qu'ils ont du remettre en question beaucoup de choses. (Mais où est son vélo ? Il est cassé ? Elle ne l'aime plus ? Enseveli sous la neige ? Et cette voiture, pourquoi elle est si abimée ? Elle se prend beaucoup de coups dans la carrosserie ? (la réponse à celle-là est oui) Elle a vraiment le droit d'avoir le permis ? Même si elle fait moins d'un mètre 40 ?)
Ou peut-être qu'ils crient dès qu'ils voient un prof en voiture. Mystère et boule de gomme.



dimanche 13 janvier 2013

Super Teacher soutient le mariage pour tous


Je sais, ce n'est pas la fonction de mon blog. Mais j'ai allumé ma télé ce matin, jour de la manif anti-mariage pour tous, et je ré-entend les mêmes arguments plats et manipulateurs qui me mettent hors de moi et qui me font réaliser à quel point la France est loin d'être un pays moderne.
Vous le savez, je ne suis pas la plus engagée, je ne suis pas la plus au point sur les grandes questions politiques et je ne sais pas parler avec de beaux mots qui impressionnent. Mais là, je parle juste de bon sens.

À vrai dire, avant le début de « l'Affaire », je n'étais pas spécialement pour ce mariage. Pas spécialement contre non plus. Disons que je n'en voyais pas l'urgence. Et d'ailleurs, je l'ai déjà dit, je trouve que certains arguments contre sont valables, même si je ne suis pas d'accord.
Mais, à présent, je soutiens définitivement ce projet de loi. Surtout parce qu'être contre, aujourd'hui, ça veut dire adhérer à des valeurs qui me font honte.

Ces valeurs françaises que les opposants veulent sauver, je me demande quelles sont-elles ? La famille ? Il faut sauver la famille ? Mais je ne comprend pas. La famille, c'est forcément autour d'un homme et d'une femme ? Alors, moi, du coup, je n'ai pas de famille. C'est con, hein. J'aurai bien aimé avoir une famille mais j'ai pas de papa. Moi, je croyais que ce qui faisait vraiment une famille, c'était l'amour inconditionnel et le soutien. Là, du coup, j'ai du mal à voir en quoi le fait d'être homosexuel est incompatible avec ça.

Alors on va me dire que le vrai problème, c'est qu'on remet en cause l'ordre naturel des choses, c'est à dire qu'un enfant vient d'un homme et d'une femme. Mais à moins que je sois vraiment à la masse, on a encore rien inventé qui permette de faire les choses différemment. Il faut la petite graine et le petit œuf. Et ce n'est pas le mariage gay qui ouvre la porte aux inséminations artificielles et fécondation in vitro. Les homos le faisaient avant. Mais l'enfant viendra toujours d'un homme et d'une femme, heureusement.
Ah oui, mais l'enfant a droit à un papa et une maman. Oui, il y a droit. C'est vrai que c'est bien. Mais il n'en a pas toujours : orphelins, familles monoparentales... et ce n'est pas pour autant que sa vie sera déséquilibrée, s'il reçoit l'amour, le soutien et les vraies valeurs dont un enfant a besoin (intégrité, honnêteté, respect de l'autre...).

Okay. Mais alors, si on autorise le mariage aux homosexuels, on va finir par l'autoriser à n'importe qui. Et les anti-mariages d'énumérer gaiment tout ce qu'on va bientôt accepter dans ce monde qui court à sa perte : le mariage consanguin, la polygamie et même (non, je n'invente rien) la pédophilie. Finalement, ce débat de société met vraiment à jour ce que les gens pensent encore vraiment de l'homosexualité ; c'est à dire que ça ne choque personne qu'on assimile l'homosexualité à la consanguinité et à la polygamie. Je trouve ça grave en 2013. Autoriser le mariage aux homosexuels n'équivaut pas à ouvrir une boîte de Pandore puisque l'homosexualité n'est pas un vice, ni une maladie comme se le demande parfois mes élèves de cinquième (mais eux, ils ont 12 ans, ils ont le droit de douter et de se poser des questions).

Finalement, à trop donner de la voix aux catholiques intégristes, on finit par distiller insidieusement parmi les gens des idées qui font normalement froid dans le dos. Rappelons quand même que pour ces catholiques extrémistes, le mariage civil n'a souvent pas de valeur officielle. Alors, ça serait bien que chacun reste dans son domaine de compétence (comme le prévoit la loi depuis 1905, tiens, au fait).

Bon, je ne recommencerais plus. Désolée d'avoir taillé ma bavette toute seule, avec mes arguments de comptoir. Je sais que ce blog n'est pas fait pour ça et j'espère ne pas perdre l'attention de mes lecteurs qui sont contre cette loi et qui ont des arguments un peu plus sensés que ceux énumérés précédemment. Mea culpa, mea maxima culpa. Comme quoi, à force d'essayer de nous détourner des vrais problèmes, ça finit par marcher. 

vendredi 11 janvier 2013

Super Teacher is the queen (Lear)

Hier, c'était la galette des rois. Déjà, j'ai eu la fève, chose qui ne m'était pas arrivée depuis mes 8 ans (alala 2013, année pleine de promesse !). 

Mais vous ne vous doutez pas à quel point un petit évènement comme celui-là peut créer un vent de folie chez les élèves.
Mes quatrièmes sont donc rentrés en classe un peu excités. Je laisse un peu faire, parce que je sais qu'ils peuvent se calmer assez vite et rentre un peu dans leur jeu.

Scène 1, Acte I

Un élève lance à un autre : "Allez, allez, lance toi !! Allez, vas-y !"
L'autre de devenir tout rouge : "Vas-y, là, arrête !"
Moi "Qu'est-ce qu'il se passe, les deux zigotos ? " (oui, j'ai des expressions de vieille prof)

Le premier élève : "Waaaa Madame, il a eu la fève, il veut vous demander d'être sa reine !!!!"
Le tout rouge : "Vas-y, là, c'est pas vrai ! !"
La classe : "Ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh"
Moi : "Oh, ne le prends pas mal, mais je ne vais pas pouvoir accepter"
La classe : "AAAAAAAAAh, il s'est pris un gros vent !!!"

Le premier élève met la couronne sur sa tête : "Hey, je suis Louis XVI, regardez"
Moi, ouvrant la bouche pour répondre "Tu sais...."

Le brouhaha des élèves m'empêche de finir ma phrase.
Le premier élève, toujours couronné : "Hey, hey, chut, taisez-vous, là, écoutez, la prof, elle va me clasher !"

Et mon élève avait l'air tout heureux de savoir qu'il allait se faire clasher par sa prof. Du coup, j'ai réalisé que je vannais souvent mes élèves. Et que ces étranges enfants aimaient ça et en redemandaient. Alors, bon. Bin, je vais continuer, hein. Si c'est ce que demande le peuple.

Signé : Super Clasheuse, pour vous servir.

mercredi 9 janvier 2013

Super Teacher répond à la question "Et toi, tu fais quoi dans la vie ?"

Il y a peu de temps, quand on rencontrait quelqu'un, on lui demandait à quelle fac il glandait. Maintenant, on est grand, on a des vrais métiers d'adultes et les conventions sociales veulent qu'on en dise un peu plus sur le sujet.

Cherche pas, tu comprendras à la fin de l'article
Dommage, j'adorerais me présenter en disant "Salut, moi c'est S....., j'adore les bébés animaux et l'andouillette, mais je n'aime ni les huitres ni les hommes qui s'épilent les aisselles."

Alors, comme certains de mes amis doctorants (ouais, t'as vu, je fréquente l'élite moi) essayant vainement d'expliquer ce qu'ils peuvent bien faire de leur journée, le moment où j'annonce que je suis prof promet toujours des réactions diverses et variées.

L'avantage, c'est que prof, en gros, tout le monde sait ce que c'est. Le problème, c'est que prof, en gros, tout le monde sait ce que c'est.

Mais contrairement à ce qu'on nous rabâche souvent, le métier de prof n'est pas si déconsidéré que ça aujourd'hui, et la plupart du temps, les réactions sont positives.
Systématiquement, on va me parler d'un prof qui a marqué la scolarité, souvent en bien. (et d'ailleurs, je voudrais pas crâner, mais c'est souvent des profs d'hist-géo. Moi, je dis ça...)
Mais on me parle aussi des profs pourris et en échec. La différence, c'est qu'aujourd'hui, j'ai de la compassion pour eux et je me dis "Il aurait du changer de métier au lieu de s'infliger ça" et pas "Gros naze, rentre chez toi" (t'as vu, la maturité et tout)

Forcément, la situation est cocasse quand c'est la gynéco qui te parle de son prof de math préféré en t'auscultant le spéculum à la main. La prochaine fois, je dirais que je suis Pompe Funèbre, ça devrait refroidir la conversation.

Donc, globalement, prof, les gens ça les intéressent et ils sont plutôt bienveillants. Mais je sens bien que de temps en temps, je tombe sur quelqu'un qui pense très fort : "oh le métier de branleur. T'es pas allé chercher bien loin pour le trouver celui-là. Un jour, tu comprendras ce que c'est le vrai monde (comprendre : le monde de l'entreprise)". 

Mais je vais te dire, chéri lecteur, je m'en fiche un peu. Parce que tout au fond de moi, je suis sincèrement et profondément convaincue de l'importance de ce métier et de l'importance de l'éducation pour tous.
(Ah putain, ça y est, elle ressort les mouchoirs et les grandes phrases républicaines ! Ils l'ont bien lobotomisée à l'Educ Nat',  que tu te dis, chéri lecteur)
Mais ouais, mais les grandes phrases, bin moi, je trouve que ça fait du bien, parfois.

(allons enfaaaaants de la patriiiiiii-euhhh)

PS : nouvelle perle républicaine : "Parmi les symboles de la république, il y a la Vierge Marianne". (La troisième République se retourne dans sa tombe)

mardi 1 janvier 2013

Super Teacher et 2012

Sur le conseil d'un sage avisé, voilà un bilan de mon année 2012 super-teacheresque. (Waaa, putain, t'as vu, je suis tellement célèbre qu'on fabrique des mots avec mon nom !!)

2012, retrospective.(et genre là, tu imagines une musique façon "Time of my life")


avril : Inspection. 
Evidemment, j'ai été inspectée avec ma classe la plus remuante. (pour un portrait plus approfondi, voir cet article, "la classe des cancres"). Genre celle qui m'a fait vivre mes pires moments du début de ma carrière. Celle devant laquelle par moment, je m'arrêtais de parler en me demandant "Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que je fais ?". Non, chéri lecteur, rassure toi, ils n'en étaient pas à sauter sur les tables, mais quand même c'était un peu la loose.
Sauf que. Sauf que les choses ont changé du jour où j'ai appris qu'ils étaient insupportables dans tous les cours, pas qu'avec moi. [de la solitude du prof] Je me suis détendue avec eux et j'ai réussi, je ne sais par quel miracle, à reprendre les choses en main.
Du coup, au moment de l'inspection, ils étaient devenu ma classe préférée. Et quand je leur ai annoncé, tremblante, que j'étais inspecté et que, comme eux, j'étais notée, ils ont assuré leur RACE.
M'ont dit qu'ils allaient être super silencieux et tout.
Leur ai dit que oui, silencieux, mais pas trop quand même.
Petit Goujon est venu à la fin de l'heure et m'a dit texto "Moi, Madame, c'est promis, demain, je serais parfait".
Et Inspectrice est venue. C'était parti pour presque une heure de bouche pâteuse. Mais les élèves ont été super. Pas du tout réalistes (genre quand l'un parlait, l'autre se retournait et lui faisait les gros yeux) mais   m'ont fait un cours hyper dynamique (ils ne pouvaient pas faire autrement) et hyper calme.
Sauf quand Petit Fion Furet a commencé a déchirer frénétiquement la couverture plastique de son manuel (pétage de cable, what the fuck Petit Furet ??) et qu'il a fallu que je lui arrache des mains, vénère.

Bon, pendant l'entretien, elle m'a dit que la construction de mon cours était, en gros, toute pourrie mais qu'à part ça, ça le faisait plutôt bien et que j'allais survivre dans l'arène.
Les jours suivants, j'ai appris par mes collègues qu'un autre prof s'était fait descendre en flèche en faisant un cours exactement sur le même sujet, parce l'inspectrice était archi-spécialisée dessus. Ils ne me l'avaient pas dit pour ne pas me plomber le moral.

juin-juillet-août : Déménagement.
Bye-bye, pays de Oui-Oui, du magret et du soleil chantant.
Bonjour, grisaille, appartement humide et Dia du coin.

septembre : Rentrée
Mais en fait, lecteur, tu sais déjà tout sur ma rentrée. Rétrospective qui tombe peu à peu à l'eau. J'avais surtout envie de raconter mon inspection, c'est chose faite. Ah Ah Ah, je suis la reine de la manipulation !

(bon, perso, j'avais mis toute la B.O. de Dirty Dancing pour rédiger cet article, j'en suis à "She's like the wind", si tu veux tout savoir)-(je t'encourage aussi à écouter de la musique soupe au lait pour bien commencer 2013, c'est super apaisant)

dimanche 30 décembre 2012

Super Teacher fête Noël

Joyeuses fêtes chéris lecteurs. Que la paix et l'amour libre soit dans vos foyers et comme on commence à vieillir, que la santé soit bonne. 

Mes élèves ont été terriblement déçus, la fin du monde n'est pas arrivée.
Les vacances si.

Et comme tout le monde le sait, les profs, ça fout rien, c'est riche et c'est toujours en voyage. Alors, moi je trouve qu'il ne faut pas contrarier les certitudes alors voilà de la glande, de la richesse et du voyage.

VIENNE, bitches !



Mais bon, l'envers du décor c'est la photo suivante, c'est à dire 200 copies à corriger. Comme le sentiment de sombrer peu à peu dans une mer de fautes d'orthographe et de réponses farfelues. Oui, Marianne porte un bonnet frigide. 

mardi 11 décembre 2012

Super Teacher et l'amour

Sujet : les élèves doivent-il aimer leur professeur ?
Vous avez deux heures.

S'il est quelque chose que mon métier m'apporte, c'est le questionnement. Je n'arrête pas de me remettre en question, de me demander comment les choses fonctionnent et pourquoi elles fonctionnent comme ça.

En ce moment, je me demande si les élèves doivent aimer leur professeur pour que le cours soit un bon cours.
A première vue, je dirais non. Et je le pense. Le prof n'est pas là pour être aimé. Il est là pour faire un cours efficace et si tout le monde vient en n'aimant pas le prof mais ressort en ayant travaillé et appris des choses, le travail est fait.

Mais moi, ça me gêne. Parce que je n'arrive pas à être à l'aise avec une classe que je sens hostile/désintéressée et que du coup, mes réactions sont moins bonnes et mes cours moins passionnés.
Et là, tout se casse la gueule. On appelle ça un cercle vicieux qui pue. Une classe que je trouve antipathique va moins me motiver, mes cours seront moins bons, ils accrocheront donc moins au cours et seront chiants et je les aimerais moins, etc... BIM ! CERCLE VICIEUX !

Or, je ne suis pas là non plus pour aimer mes élèves. Pourtant, j'ai du mal à m'imaginer faire cours sans avoir de la sympathie pour eux. Et d'ailleurs, le jour où je n'aimerais plus les élèves, je rendrais mon tablier plein de craie et je deviendrais vendeuse de bonbons au vomi.

Tu l'auras compris, lecteur, il y a une classe avec qui le courant ne passe franchement pas. Genre la guerre froide. Si tu es sage, je te raconterais.


Conclusion : Non, les élèves n'ont pas besoin d'aimer leur prof pour que celui-ci soit bon. Mais moi, j'ai besoin que mes élèves m'apprécient pour me sentir à l'aise dans ma classe. Et ouais, je suis prof parce que je n'ai pas réussi à être star pour recevoir l'amour des foules, alors je compense. 
(Bon, après, il faut admettre l'idée qu'il y a tout un groupe de personne sur terre qui crie de joie quand on leur annonce que tu n'es pas là. Un sale coup pour l'égo, mes amis !)

jeudi 22 novembre 2012

Super Teacher a une vie en dehors du collège (2ème partie)

Dans la série "What the fuck, mon prof n'est pas un androïde qui ne vit que dans l'enceinte du collège".

J'adore ces moments un peu décalés où les élèves effleurent l'idée que je ne suis pas qu'une prof. Moi, ça me fait sortir pendant quelques secondes de ma schizophrénie habituelle et je me retrouve face à eux dans ma version normale, comme découverte, mise à nue devant ma classe.

Si, si, je te jure, lecteur, je me sens à oilpé psychologiquement dans ces moments.

Dernièrement, j'ai parlé de l'identité virtuelle et des risques de donner trop d'informations à des inconnus sur le net. Donc, j'ai voulu donner quelques exemples de trucs où l'on pouvait se créer une fausse identité pour ses loisirs.

J'ai cité "World of Warcraft".

Au premier rang, j'ai vu la bouche d'un élève un peu glandeur s'ouvrir et rester figée.
Puis il a murmuré "Je suis choqué".
"What is the problem, Petit Poulet ?" que je lui dis.

Le pauvre petit était purement retourné par l'idée que je puisse connaître WoW (genre je mets que les initiales et tout, t'as vu). J'ai vu dans les yeux de certains comme un malaise. Peut-être étaient-ils en train de se demander si on avaient déjà fait partie de la même guilde.*

Alors, dans un élan désespéré, la classe m'a demandé si je connaissais Facebook.

J'avais envie de gueuler "Mais c'est moi qui l'ai inventé Facebook, mon pote !! J'ai appris à marcher avec un tutorial Youtube, moi ! T'étais même pas né que j'avais déjà un blog ! Je surfais sur le net quand ça faisait encore un bruit de numérotation téléphonique !"


* pour info, petit lecteur, en réalité, je n'y connais pas grand chose. J'ai même du aller sur Wikipedia pour vérifier ce que voulait dire guilde.